Algérie : un chef de parti de l’opposition mis en prison

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Coordinateur du Mouvement démocratique et social, émanation de l ex-Parti communiste algérien, Fethi Gheras a été mis sous mandat de dépôt ce jeudi.

Poursuivi pour plusieurs chefs d?inculpation, le coordinateur du Mouvement démocratique et social, Fethi Gheras, a été arrêté chez lui dans la banlieue d?Alger mercredi 30 juin, avant d?être placé sous mandat de dépôt le lendemain. Selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD), la police avait mené une perquisition chez lui lors de son arrestation. D?après la même source, cet homme politique est poursuivi pour « atteinte à la personne du président de la République, outrage à corps constitué, diffusion au public de publications pouvant porter atteinte à l?intérêt national, diffusions d?informations pouvant porter atteinte à l?unité nationale, diffusion d?informations pouvant porter atteinte à l?ordre public ». Dans une récente vidéo, postée le 27 juin sur sa page Facebook, Fethi Gheras brocardait les autorités algériennes : « C est vous qui êtes une minorité. C est vous qui menacez les intérêts du peuple algérien. Et c?est vous qui manigancez avec les forces étrangères, non les démocrates et les républicains. »

Interpellé plusieurs fois

Son parti, le MDS, créé en 1989 par des dirigeants de l?ex-Parti de l?avant-garde socialiste (PAGS, communiste), est un membre constitutif du Pacte de l?alternative démocratique (PAD), né en juin 2019, en plein mouvement de contestation politique du Hirak, qui regroupe des partis d?opposition et des ONG. Le siège du parti à Alger a abrité plusieurs rencontres et conférences de presse de collectifs de défense des détenus ou d?activistes du Hirak. Fethi Gheras a été interpellé à plusieurs reprises depuis le début de l?année lors des manifestations du vendredi.

L?arrestation et la mise en détention de Fethi Gheras ont suscité beaucoup de réactions sur les réseaux sociaux, et des partis politiques ont exprimé leur solidarité. « Le MDS, ses cadres et ses militants, resteront mobilisés contre l?arbitraire, ils continueront à s?inscrire au c?ur de la lutte pour la souveraineté populaire, par toutes les voies et par tous les moyens pacifiques qu?exige l?édification d?une Algérie démocratique et sociale », a réagi Yacine Teguia, membre du bureau national du MDS.

Solidarité de l?opposition

Le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP, tendance Frères musulmans) a dénoncé l?arrestation du coordinateur du MDS. « La défense des libertés est une question de principe, quelles que soient les divergences avec la victime », a tweeté Abderrezak Markri. « Cette énième arrestation doit de nouveau nous interpeller. Allons-nous nous habituer à cet état de fait et nous résigner ? » déplore de son côté Mohcine Belabbas, président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD, opposition, membre du PAD), ajoutant : « Depuis des mois que le pays est en panne dans tous les secteurs de la vie, seuls les tribunaux fonctionnent à plein régime en exécutant la politique de l?épée de Damoclès du pouvoir de fait. »

Habib Brahmia, cadre du parti Jil Jadid (opposition), qualifie l?incarcération de Fethi Gheras d?« inacceptable » : « C?est une tentative de criminaliser l?action politique et une volonté de terroriser les militants et les citoyens qui ont des opinions divergentes. » Le Parti les travailleurs a également exprimé sa « solidarité inconditionnelle » avec le coordinateur du MDS. Même position adoptée par l?Union pour le changement et le progrès (UCP) et la Ligue algérienne de défense des droits de l?homme (LADDH). Selon le Comité national pour la libération des détenus, 304 personnes sont en détention pour des faits liés au hirak ou à cause de leurs opinions.

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