Matoub Lwennas et la Tariqa Takarkarit, Karkarya

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Jamais le proverbe kabyle : I nezra, mazal ad nzar, n’as pris tout son sens que dans le cas de ce phénomène de  TariqaTakarkarit(voie Karkarya). Au moment où  des chirurgiens de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont de Montréal ont réussi à implanter un œil bionique à une femme qui avait perdu la vue lui permettant de voir partiellement, des « savants musulmans» nous inventent un somnifère multicolore, dénommé la Karkarya.

Avec des accoutrements en damier et bariolés, des barbiches, des canes et plusieurs  chapelets autour du coup, les adeptes de cette nouvelle voie de l’Islam ne laissent personne indifférent. À première vue, on peut aisément les prendre pour des clowns ou des inconditionnels des déguisements d’Halloween.

Leur chef spirituel est Mohammed Fawzi al karkari, qui naquit au Maroc en 1974. Selon son site internet, notre « cheikh» se chicana très tôt avec l’école. Il arrêta ses études juste après le primaire pour commencer l’apprentissage du grand monde et porter l’étendard de la sainteté. Ses disciples le considèrent comme le successeur spirituel de Mahomet, prophète des musulmans. Chose qui n’arrive qu’une fois tous les cent ans. Cette Tariqa est basée sur la vision, pas celle rendue à la patiente au Canada grâce à l’abnégation des «mécréants/kouffar» chirurgiens, mais celle qui permet à « Moulay» Fawzi et ses disciples de voir de leurs propres yeux la lumière d’Allah. Très probablement après avoir consommé une bonne dose de haschich, produit en quantité industrielle au royaume chérifien.

Plus sérieusement, et en raison d’une rupture avec leur racine amazighs, les peuples d’Algérie se réfugient derrière toute sorte de charlatanisme pour compenser une haine de soi dévastatrice. Plusieurs courants islamiques trouvent un terrain fertile et des cervelles vides pour propager leurs doctrines destructrices.

Ainsi, le courant salafiste et wahhabite, fondé par  Mohammed ben Abdelwahhab et la famille Al-Saoud en 1740, s’est propagé comme une traînée de poudre en Algérie depuis les années 1990′. Encouragé par la PP (la police politique) qui leur a offerttous les moyens de l’État (écoles, médias, mosquées, etc.), les salafistes ont pu jeter leur fiel au sein même de la société kabyle. Les habitudes vestimentaires et alimentaires des Kabyles subissent une altération alarmante des tenants de ce courant obscurantiste.

Les chiites, de leur côté, gagnent du terrain. Grâce à des chaînes de télévisions financées par l’Iran et l’arrivée des réfugiés syriens, des milliers d’Algériens commencent à remettre en cause la sacralité prétendue des Sahaba (les compagnons du prophète de l’Islam : Abu Baker, Omar et Othman) pour se tourner vers leurs ennemis jurés, Ali et ses fils al-Hassan et al-Hussein et donc, le chiisme.

Le premier semestre de 2017,a vu les autorités d’Alger faire la chasse aux sorcières et procéder à des centaines d’arrestations et de condamnations à de la prison ferme des fidèles de l’Ahmadiyyia. Un mouvement réformiste musulman qui compte 20 millions de fidèles à travers 190 pays. Apparu au Pendjab en Inde en 1889, son fondateur, Mirza Ghulam Ahmad, réclame qu’Allah lui a confié la tâche de restaurer l’Islam dans sa pureté. Il se déclare mujaddid (rénovateur) et muhaddath (à qui Dieu parle).

Enfin, comme une cerise sur le gâteau, voilà la région de Mostaganem dans ce soi-disant pays appelé l’Algérie, envahie en août 2017, par de drôles de personnages portant des tenues aux couleurs arc-en-ciel.

Même si la religion relève avant tout de la liberté individuelle, elle doit donc être respectée en autant qu’elle ne prône pas la violence, l’amputation, la lapidation et la cruauté envers les animaux, je vous avoue très fraternellement chers amis, en ce qui me concerne, que je ne suivrai ni la Salafiya, ni la Wahhabia, ni la Malekya, ni la Chiia, ni l’Ahmadiyyia, ni la Karkarya. Mon âme kabyle ne trouve son apaisement que dans Taqbaylit et les paroles de MatoubLwennas. Tout le reste n’est que du haschich.

 Aksil At-Wali

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